Histoire d’un coq beldi marocain pas comme les autres.

Vos souvenirs et anecdotes sur la vie Ă  Agadir avant le tremblement de terre.

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Raspoutine
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Histoire d’un coq beldi marocain pas comme les autres.

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Les médias nous rapportent et nous apprennent de partout des histoires sur les animaux divers, les poissons divers, les oiseaux divers etc...
Moi, je voudrais vous parler d’un coq pas comme les autres. C’était un coq rescapé du tremblement de terre du 29 février 1960. C’était un coq « humain » Sa tête n’était pas mise à la guillotine comme les autres. Il allait l’être sans cet évènement de dernière minute qui lui avait donné une chance de prouver qui était cette belle volaille à l’allure majestueuse même au milieu des décombres. Il ne s’était pas paniqué ou confondu comme nous autres humains qui ne savaient quoi faire au moment du désastre. Vrai, on était déboussolé, on avait cru que c’était la fin du monde.
Il était là, et lançait aux vivants ses stridents Cocoricos. Les rescapés et les emmurés commençaient à se ressaisir et répétaient avec lui ce que nous avons appris aux écoles coraniques à l’âge de 3-4 ans.
« Je témoigne qu’il n’y a de Dieux que le Dieu unique et que Mohamed est son messager »
C’était un soulagement rapide au fond de l’esprit. Cela donnait un tonus pour sortir de l’étourdissement et reprendre ses responsabilités et ses initiatives.
Ce coq ne voulait pas s’éloigner des décombres où étaient emprisonnés ses éleveurs. Il picotait avec son bec, creusait avec ses pattes les gravats qui ne finissaient pas.
Les gens passaient à côté, indifférents. Les cocoricos recommençaient exactement à l’heure de la première prière du matin (El fjer).
Le soleil et la chaleur (38-40°) se mettaient en branle. De généreux hommes venaient délivrer la famille enfouie. Monsieur Coq (oui, il méritait ce titre et cette majuscule), retrouvait sa famille. Il avait subit le déracinement de quitter son village Yachech comme les autres pour aller aux camps Timersit, puis revenir aux baraquements de Amsernat.
Des années étaient écoulées, la famille adoptive n’a jamais pensé une fois de s’en servir malgré la misère et le manque de protéines.
Il était devenu le coq vénéré de tout le bloc qui venait le voir avec des poches pleines de céréales jusqu’au dernier jour de sa vie.
Merci coq beldi humain, il nous reste encore beaucoup de choses à savoir sur cette planète…
Lahsen Roussafi

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