A propos des Marinettes présentes à Agadir en 1944

Vos souvenirs et anecdotes sur la vie à Agadir avant le tremblement de terre.

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Lemmy
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A propos des Marinettes présentes à Agadir en 1944

Message par Lemmy »

Bonjour à tous.

Sur le sujet 'Les Goumiers" j'ai publié il y a fort longtemps les photos d'un défilé qui a eu lieu en 1944 sur le Bd Bourguignon ; et sur l'une d'entre-elles on voit défiler un groupe de Marinettes tout de suite derrière des marins de la BAN. Contrairement à ce que l'on pourrait supposer, les Marinettes n'étaient pas les épouses des Marins de la BAN mais comme eux engagées dans la Marine nationale, et toutes ses composantes, dont l"Aéronavale ; et cela d'abord en AFN depuis 1943.

Par ce message je tiens à rendre hommage à ces femmes courageuses qui ensemble avec les Marins, ont combattu pendant la GM2. J'ai résumé ce que j'ai trouvé sur différentes sources et en leur mémoire écrit le texte qui suit :

Marinettes, SFF et PFAM des femmes courageuses

18 juin 1940… L'appel du général de Gaulle.

Il est entendu par des hommes refusant le joug germanique, mais aussi par des femmes ne désirant pas se cantonner au seul rôle d'épouse et de mère de famille que la société veut bien leur assigner. Certaines vont prendre leur destin en main, et l'associer à celui de la France, au début leur première contribution fut celle d’ambulancières.

C'est l’américaine Florence Conrad qui est à l'origine de la création des ambulancières. En 1941 elle décide, avec l'aide de nombreuses femmes américaines, de collecter de l'argent afin d'acheter des ambulances (19 au total). En Amérique, elle engage 15 jeunes Françaises - comme Jacquotte Fournier - des volontaires qui veulent aider à libérer leur pays des nazis.
Arrivé en 1943 au Maroc, où se constituait alors la 2ème D.B., le groupe a été versé au sein de la 1ère Compagnie du 13ème Bataillon Médical dans le Groupement Tactique Warabiot, sous le nom de Groupe Rochambeau, en hommage au Comte Rochambeau venu aider les américains lors de la Guerre d'Indépendance. D’ou leur nom de "Rochambelles".

http://www.marinettes-et-rochambelles.com/

Le 15 août 1943 le chef d'état-major général de la guerre du CFLN, installé à Alger, demande à la Marine la création d'un régiment de chasseurs de chars. La proposition étant acceptée, le Régiment Blindé de Fusiliers Marins, ou RBFM, est créé et placé sous le commandement du capitaine de corvette Maggiar. Ce régiment comprend environ 900 hommes. Le 8 avril 1944, le comité de défense nationale décide d'affecter le RBFM en soutien à la 2ème DB du général Leclerc. Quittant l'Afrique du nord, les hommes s'embarquent pour l'Angleterre où ils commencent leur entraînement de chasseurs de chars dès le début de mars 1944.
Pour la petite histoire Jean Montcorgé (l'acteur Jean Gabin, qui servait alors comme Second Maître dans la Marine, était Chef de char du Tank Destroyer Souffleur II au RBFM. Aux dires de ceux qui l'ont connu dans le milieu marin, il était assez "peau de vache" avec les subalternes .... http://www.rbfm-leclerc.com/gabin.html

La branche marine comprenait tout d’abord 115 femmes. Appelées “Sections Féminines de la Flotte”, le 9 septembre 1943, on les nommera finalement “Services Féminins de la Flotte”, plus connues sous le diminutif de S.F.F., elles furent aussitôt nommées "Marinettes". Une note du 28 novembre 1943 fixe l'uniforme de ces personnels. Elles arboraient la tenue militaire américaine, le “bâchi” (béret) de la marine, dépourvu de pompon et jugulaire pour les unes, et le calot d'aspirant pour leurs officiers. Leur statut est fixé le 13 janvier 1944. L'arrêté du 8 mars 1944 fait encore état de deux ancres croisées en drap bleu clair mais portées désormais sur le bras gauche.

Le 7 mai 1944 une équipe d'ambulancières S.F.F. est constituée au poste de secours régimentaire du RBFM. Elles seront chargées de donner les premiers secours aux blessés et d'assurer l'évacuation de ceux-ci vers le bataillon médical situé plus à l'arrière de la ligne de front. …Les jeunes femmes attendent de retrouver le Régiment Blindé des Fusiliers Marins. Le 16 mai, enviées par les autres filles, elles ont la joie de recevoir de beaux insignes de Fusiliers marins, deux ancres croisées brodées en rouge sur drap bleu foncé. Dès le lendemain elles déjeunent à Assi Ben Okba avec le RBFM.

Le 20 mai, les ambulancières embarquent sur un navire anglais, le Cape Town Castle, qui fait partie d'un convoi de quinze bateaux, afin de se rendre dans un premier temps à Liverpool. Avec elles, se trouve une autre équipe d'ambulancières, les Rochambelles. Le 22 juin les Marinettes entrent brutalement dans la vie du camp. On leur impose des exercices militaires qui débutent à 7h30, apprenant à marcher en ordre serré, à faire des demi-tours où elles se retrouvent souvent face à face ! On ménage tout de même le petit groupe pour qui les exercices ne sont pas trop ardus ! Elles ont regretté plus tard de ne pas avoir appris des choses plus pratiques : savoir reconnaître, par exemple, une grenade dégoupillée. Les ambulancières attendent avec impatience le débarquement, mais redoutent par ailleurs de découvrir leur pays en partie détruit. Elles ignorent ce qu’elles vont trouver et se posent souvent la question…

Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944 se fait entendre le vrombissement des moteurs : il y a un énorme passage d'avions au-dessus de leurs têtes. Elles se doutent alors que le moment approche. Mais elles doivent encore attendre.
Ce n’est que le 2 août 1944, par beau temps, qu’elles arrivent sur le sol de France. Elles s’échouent sur la plage de Grand Camp, autrement appelée Utah Beach. L'un des marins saisit son clairon et joue la Marseillaise. Le moment est émouvant.
La division Leclerc gagne le sud-ouest du Mans sur le flanc gauche de l'armée allemande. Le RBFM est réparti dans les trois groupes tactiques qui la composent.

Les S.F.F. remplissent leur périlleuse mission. Vêtues de tenues de l'armée de terre américaine, au volant de leurs ambulances, elles évitent de songer aux tirs de l'ennemi et aux mines qui jalonnent les routes.La population les accueille chaleureusement. Le rôle des ambulancières est de récupérer les nombreux blessés et de les amener vers un centre de “triage et traitement”. Par la suite les hommes sont envoyés vers un hôpital américain. On peut quelquefois leur demander de porter des messages à l'état-major. C’est ainsi qu’un jour elles prennent une carte et choisissent le chemin le plus court, peu informées des mouvements des véhicules ennemis ! Soudain, elles aperçoivent une Jeep des fusiliers marins qui arrive rapidement derrière elles. Intriguées, elles s’arrêtent et apprennent qu’il y a un Tigre, un de ces redoutables chars allemands, à deux virages de là !

Le 25 août elles ont la joie de participer à la libération de Paris. (…)
Les Parisiens les reçoivent formidablement bien. On les invite à manger et certains sortent même du foie gras et du bon vin, mets de choix qui ont pu échapper à l'ennemi ! Traversant la Moselle les ambulancières se rendent à Flins, au bord de la Meurthe. Leur médecin, M. Moretti se voit contraint d’amputer un blessé sans anesthésie, à même le sol, pas même recouvert de macadam, mais de simples cailloux. Le patient est terriblement choqué, son bras est très abîmé. Elles le récupèrent dans leur ambulance afin de l'amener au “triage et traitement”, mais il commence à s'évanouir. Le seul remontant dont elles disposent est de l’alcool de mirabelle ! L'une des ambulancières a retrouvé cet homme beaucoup plus tard, après la guerre, en parfaite santé. Il l'avait reconnue !

Le 12 novembre les ambulancières participent à un déjeuner avec le RBFM durant lequel on octroie de nouveau au régiment la fourragère rouge, celle de la légion d'honneur. Leclerc, qui au départ avait une prévention contre les marins, les considérant comme des Vichystes, leur avait interdit de l'arborer. Mais il était revenu sur ses positions, constatant que les fusiliers avaient abattu de nombreux chars, et reconnaissant leur bravoure. Dès lors, il autorise de nouveau le RBFM, dont les Marinettes font partie, à porter cette fourragère, que les fusiliers marins avaient gagné durant la première guerre mondiale, lors des combats sur l’Yser. La résistance ennemie est terrible et les bombardements sévères : le 3ème escadron est bombardé à la cadence moyenne de 300 coups par jour à Gerstheim.

Le 25 avril 1945 le RBFM au complet est acheminé vers l'Allemagne. Le 2ème escadron prend part le 4 et le 5 mai à la prise de Berchtesgaden, tandis que le reste du régiment va cantonner dans l'ouest de l'Ammerzee. Le RBFM a été cité deux fois à l'ordre de l'armée. Son 4ème escadron a été cité à l'ordre de l'armée pour son action à Dompaire, le 3ème escadron a été cité à l'ordre de la division pour son action à Royan.

Les hommes qui ont côtoyé les ambulancières ont d’abord été surpris de leur arrivée, puis conquis par leur bravoure, leur témérité et leur dévouement. Il y a eu d’ailleurs de nombreux articles de journaux à l’époque pour en témoigner. Il était second maître durant la campagne de France, chef de protection du peloton, c'est à dire aux côtés d'un blindé durant son avance, celui-ci étant “aveugle” et “sourd” : « Nous avons fait connaissance avec les Marinettes en Angleterre. Nous avions été un peu surpris en apprenant que des femmes allaient se joindre à nous. Comme la plupart des hommes nous pensions que la guerre n'était pas une affaire de femmes, même si elles ne venaient pas pour se battre. Très vite nous avons été conquis par leur extrême gentillesse et leur grand courage. Nous avions beaucoup de respect pour elles, et jamais nous n'aurions touché à une Marinette. Elles étaient nos « petites sœurs », c'est ainsi qu'on les surnommait. Elles nous apportaient un grand soutien moral, d'autant plus qu'elles n'avaient jamais peur, ou en tout cas, elles n'en montraient rien. Certaines étaient très croyantes et je me souviens que deux d'entre elles, au milieu d'un champ, vers Sées, ont prié Sainte Geneviève avec ferveur afin qu'elle protège Paris. »

Les S.F.F. en Indochine

En 1945 une poignée de femmes persévère dans ce métier alors que la plupart mettent fin à leur carrière militaire : d’une part la Marine démobilise, d’autre part, il est peu courant en ces années-là qu’une femme mariée conserve son emploi. Il n'en reste plus que 700 début 1946, 125 en 1947. Pourtant la guerre d’Indochine se profile à l’horizon. La Marine nationale s'y engage. Une équipe de vingt et une ambulancières embarque sur l'Eridan, en direction de ce qui est encore une colonie française. Leur contrat se prolonge afin de servir en Asie. Tout en affrontant un climat difficile les S.F.F. s’occupent non seulement des blessés et des malades, mais aussi des foyers où les hommes peuvent se détendre et boire un coup. De même, elles s'occupent de la correspondance et des expéditions de colis des marins, assurant même le transport du courrier jusque dans les stations fluviales les plus isolées. Elles ont en charge l'enterrement, sur place, des défunts ne pouvant être rapatriés.
La dernière Marinette quitta le sol d'Indochine en 1956. Là encore leur présence maternelle et leurs attentions ont permis d'apporter soulagement et réconfort aux marins. Certaines d’entre elles ont expérimenté la vie sur le terrain, ayant eu la possibilité de partir en opérations.

Le 30 octobre 1954 la création du corps particulier des Personnels Féminins de l'armée de Mer (P.F.A.M.) entraîne la création d'un insigne spécifique qui n'est pas sans rappeler celui initialement adopté. Les matelots féminins portent en effet sur le haut du bras gauche deux ancres simples croisées de 30 mm mais inscrites dans un cercle de 35 mm. Le tout est brodé en fil bleu clair sur fond de drap bleu marine.

Parmi le 115 premières citées 1943, toutes n'étaient pas ambulancières, dans toutes les unités de la Marine en AFN y compris dans les bases de l’Aéronautique navale, elles assuraient des tâches multiples et pas seulement administratives. Le cas échéant elles pouvaient renforcer les Services opérations d’une base et s'occuper du bureau des vols des vols. Ce qui fut le cas pour celles affectées à la BAN Agadir en 1944, celles que l'on voit défiler sur la photo derrière les Marins français. Vous verrez ci dessous la photo d'un avion bombardier en piqué Douglas SBD Dauntless livré par les Américains à Agadir, et adossés à l'appareil une partie du personnel de la flottille 3FB, parmi les hommes présents, on voit une SFF avec son bonnet de marin.

Bonne fin de journée à tous

Amitiés

Lemmy

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Les neuf premières Marinettes.

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es Marinettes en action en 1944-45

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1944 Sur le Bd Bourguignon des Marinettes défilent à la suite des Marins de la BAN.,

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1944 Agadir Personnel de la flottille 3FB devant un avion Douglas SBD Dauntless livré par l'US Navy, 4è à partir de la G une
Marinette en uniforme bleu qui porte comme ses camarades, sa coiffe blanche de marin.

DESTENABES
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Re: A propos des Marinettes présentes à Agadir en 1944

Message par DESTENABES »

Bonjour à vous tous ..Un grand MERCI , à toi LEMMY , pour ce reportage , qui me touche particulièrement ..Tout d' abord, comme tu le sais , puisque nous communiquons et échangeons sur un autre site Marine ...étant ancien d' Agadir en 59/61 .. à la B.AN Agadir 56 S , ce sujet est merveilleux . J' en avais connaissance , mais là ..tu nous gâtes ..A l' heure actuelle , il y a des Marinettes , des vraies , dans la Marine Royale , elles sont de plus en plus , et c' est très bien ..Elles ne portent pas le "Bachi ..avec le Pompon" mais elles sont très compétentes . Un petit coucou à notre très cher Ami ..LAHSEN ..et vous souhaitant une bonne journée ..Bien amicalement ..André .

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Raspoutine
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Re: A propos des Marinettes présentes à Agadir en 1944

Message par Raspoutine »

Bonjour mon ami Lemmy
Bravo et merci de nous avoir montrer toute cette époque illustrée de documents dont une image du défilée des marinettes au grand boulevard principal du front de mer en 1944...à Agadir.
Aussi de voir ce grand acteur Jean Gabin mobilisé ...(on a bien vu ses divers films) au cinéma Rialto de la Ville Nouvelle.
Toute une époque d'histoire riche en images.

Coucou aussi à notre autre ami André ...tu es beau dans cette photo de jeunesse ! Tu es le même quand tu es venu avec ta regrettée épouse revoir cette ville Agadir.

Lahsen

Lemmy
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Re: A propos des Marinettes présentes à Agadir en 1944

Message par Lemmy »

Bonjour à tous les deux André et Lahsen ;

J'espère que vous allez bien, aujourd’hui comme dit André les femmes font tous les boulots dans la Marine et l'Aeronavale , dont celui de pilote ... Certes les Marinettes ont ouvert le chemin, mais ce ne sont plus comme les Marinettes des "auxiliaires" elles sont commandantes ou chef de bord ...Coup de chapeau à ces Dames voilà des exemples

https://www.letelegramme.fr/local/finis ... 139743.php
https://www.colsbleus.fr/articles/4028

Même si ça s'écarte du sujet sur Agadir, ce qui me réjouis c'est qu' au Maroc elles sont nombreuses aussi ... aussi bien militaires que civiles, toujours en pointe des pays du Mahgreb le Maroc ....

https://www.medias24.com/MAROC/Quoi-de- ... video.html
https://www.aeronautique.ma/Royal-Air-M ... a2922.html
https://www.youtube.com/watch?v=QODbHnU5jqQ

Amitiés à tous

Lemmy

Lemmy
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Re: A propos des Marinettes présentes à Agadir en 1944

Message par Lemmy »

Puisque André à posté une photo de lui en beau marin ... Je ne veux pas être en reste (tout en restant modeste ....)

Une première de 1946 tout juste breveté radio

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Et une autre, plus surprenante prise en 1955 à mon retour du Maroc habillé en Maitre d"Equipage de la Marine à voile pour les Nuits de l'Armée

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Qui dit mieux ... on sait tout faire chez les Marins

A prendre comme un clin d'oeil ...Amitiés

Lemmy

DESTENABES
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Re: A propos des Marinettes présentes à Agadir en 1944

Message par DESTENABES »

Ah ! Bonjour ..Je suis content finalement , d' avoir mis une de mes photos jeune Marin , car LEMMY m' a suivi ..Et , quel personnage notamment en Maitre d' Équipage ..Ouah ! .Il nous ravi avec tous ses annonces et reportages ...Amitiés ..André .

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